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Enjeux électoraux| Santé | Proches aidants | « On donne d’un côté, puis on coupe de l’autre »

Enjeux électoraux| Santé | Proches aidants | « On donne d’un côté, puis on coupe de l’autre »

4 septembre 2026 à 5:52

En vue des élections et de bien comprendre les enjeux de la région, VIA 90.5 s’est penché sur quatre thèmes importants : l’éducation (29 août), la santé, le transport (12 septembre) et l’agriculture (19 septembre).

Voici une partie du dossier de la santé.

L’Association des personnes proches aidantes de Bécancour–Nicolet-Yamaska (APPABNY) a revendiqué davantage de soutien pour les proches aidants de la région, eux qui font souvent face à des difficultés importantes.

La directrice générale de l’organisme, Véronique Mergeay, a rappelé la charge mentale de la proche aidance ainsi que l’impact sur les finances personnelles. Être proche aidant signifie devoir parfois réduire ses heures de travail, a-t-elle rappelé.

Mme Mergeay a également souligné le caractère essentiel du rôle, dont plusieurs se trouvent la MRC de Nicolet-Yamaska et celle de Bécancour.

« Le système de santé repose de plus en plus sur les proches aidants. Si, un jour, les proches aidants décident de faire la grève et de ne rien faire pendant une semaine, le système de santé ne tient pas », a-t-elle affirmé.

Pour Mme Mergeay, appuyer les proches aidants passe aussi par investir davantage dans le système de santé.

« Il faut qu’on mette réellement en place des services pour alléger certaines choses, a-t-elle résumé. Il y a certaines choses qui seront toujours portées par les proches aidants, mais il y a des choses qui pourraient être beaucoup plus portées par le système. Mais pour ça, il faudrait avoir du personnel. »

Contacté par courriel pour une réaction, le ministère de la Santé et des Services sociaux a dit reconnaître « la contribution essentielle des personnes proches aidantes et la charge que représente ce rôle ».

Il a ajouté que le second Plan d’action gouvernemental pour les personnes proches aidantes 2026-2031 avait été dévoilé en juin.

En faisant appel à Santé Québec, des organismes à but non lucratif et des entreprises d’économie sociale, celui-ci prévoit notamment « 15 millions d’heures de répit supplémentaires » pour les proches aidants au courant de la durée du plan.

Cela représenterait un investissement total de « 393,4 millions de dollars sur cinq ans, dont 96 % sont consacrés directement au soutien et aux services destinés aux personnes proches aidantes ».

Un virage vers le soutien à domicile critiqué

En janvier, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il souhaitait effectuer un « virage » vers le soutien à domicile.

« Pour beaucoup de Québécois, pouvoir rester chez soi, dans un environnement familier auprès de ses proches, est essentiel à la qualité de vie », peut-on lire dans un communiqué de presse.

Parmi les mesures annoncées par le gouvernement figurait la rémunération des proches aidants grâce à l’allocation autonomie à domicile (AAD), anciennement le chèque emploi-service.

Mme Mergeay demeure toutefois sceptique face à cette annonce, qualifiant l’AAD de « fausse bonne idée ». Elle a souligné qu’elle transforme la relation entre proche aidant et personne aidée en relation employé-employeur.

Elle perçoit également l’AAD comme étant une rémunération « à l’acte », plutôt qu’une « allocation générale ».

Le ministère de la santé et des services sociaux a répondu que l’AAD est « fondée sur l’évaluation clinique des besoins de l’usager » et que « les tâches pouvant être réalisées dans le cadre de l’AAD sont donc directement liées aux services de soutien à domicile requis par l’usager et non à l’ensemble des responsabilités assumées par une personne proche aidante ».

Mme Mergeay a aussi critiqué qu’un proche aidant ne peut plus recevoir le crédit d’impôt pour personne proche aidante s’il est rémunéré grâce à l’AAD.

« On donne d’un côté, puis on coupe de l’autre », a-t-elle lancé.

Le ministère a souligné que l’AAD n’est pas spécifiquement destiné aux proches aidants, mais bien à tout travailleur embauché de gré à gré par un usager qui en a besoin. En recevant l’AAD, le proche aidant devient un employé.

« Ainsi, lorsqu’une personne proche aidante est embauchée comme travailleuse dans le cadre de l’AAD, elle reçoit une rémunération à titre d’employée pour les services fournis et ne peut, pour une même période et à ce même titre, cumuler certains programmes ou mesures visant d’autres objectifs, notamment le crédit d’impôt pour personne proche aidante », a détaillé le ministère.

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Un texte de Jasper Bleho-Levacher – Initiative de journalisme local, VIA 90.5 FM