Semaine du travail de rue | « On côtoie la souffrance humaine, mais on partage aussi de beaux moments »
Semaine du travail de rue | « On côtoie la souffrance humaine, mais on partage aussi de beaux moments »
Le directeur général adjoint de Point de rue, à Nicolet, Pierre-Olivier Gravel, n’en démord pas. À ses yeux, le métier de travailleur de rue est le « plus beau métier du monde ».
« Oui, d’une certaine façon on côtoie la souffrance humaine, mais on partage aussi de beaux moments et des succès avec ces personnes », a dit avec conviction celui qui est dans ce domaine depuis 2011.
Du 4 au 10 mai, c’était la Semaine du travail de rue et le thème de cette sixième édition était Là où les liens se créent.
Une thématique qui avait tout son sens pour M. Gravel.
« On bâtit une confiance et on crée des moments d’humain à humain. Par exemple, en réunissant des familles ou encore en dénouant des situations difficiles », a-t-il expliqué.
En plus du directeur général adjoint, Point de rue compte cinq travailleurs de rue pour le secteur de la MRC de Nicolet-Yamaska.
Du support, mais pas à tous les niveaux
Lorsque VIA 90.5 FM lui a demandé s’il sentait que son métier avait toutes les ressources nécessaires pour accomplir son travail, M. Gravel a répondu en deux temps.
D’abord, il a expliqué qu’il y avait un encadrement entre les travailleurs de rue qui est très solide. Ils se supportent mutuellement.
D’ailleurs, il n’est pas rare qu’un plus expérimenté en encadre un qui en est à ses débuts en lui montrant l’ABC de ce métier qui demande ô combien de doigté et de sensibilité.
À l’opposé, et ce, sans surprise, l’aide financière n’augmente pas au même rythme que l’itinérance qui, elle, progresse de façon alarmante.
« C’est un problème qui touche l’ensemble du communautaire », a résumé le directeur général adjoint.
« Je peux comprendre que les gouvernements ont toutes sortes de priorités en fonction des besoins de la population, mais ça devrait être l’une de leurs priorités, car ça a un coût social important. On ne peut pas se permettre d’échapper des citoyens qui, autrement, pourraient contribuer [à la société] ».
Certes, le manque de ressource financière a été soulevé par M. Gravel, mais aussi que celle-ci ne se fasse pas de façon régulière.
En résumé, les organismes communautaires ne savent jamais combien de subventions ils vont recevoir chaque année.
« Notre rôle se fait souvent sentir à long terme », dit-il pour expliquer que l’impact de leur travail ne peut se mesurer de façon quantitative et précise aux yeux des instances gouvernementales.
« Le financement récurrent serait le bienvenu », ajoute-t-il.
Un travail dans l’ombre
Lors de son entrevue, Pierre-Olivier Gravel a mentionné à quelques reprises que les travailleurs de rue effectuent souvent leur travail dans l’ombre.
Après tout, ils n’ont pas le choix, car comme il l’a expliqué, ils travaillent avec des personnes « qui tentent souvent de s’éloigner de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, car ils vivent de la stigmatisation ».
« C’est une absence de choix qui mène à la rue et personne n’est à l’abri de se retrouver dans une situation comme celle-là  », a-t-il conclu.
Un texte d’Alex Drouin – Initiative de journalisme local, VIA 90.5 FM