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Enjeux électoraux | Transport | Deux autoroutes qui soulèvent des questions

Enjeux électoraux | Transport | Deux autoroutes qui soulèvent des questions

11 septembre 2026 à 3:28

En vue des élections et de bien comprendre les enjeux de la région, VIA 90.5 s’est penché sur quatre thèmes importants : l’éducation (29 août), la santé (5 septembre), le transport et l’agriculture (19 septembre).

Voici une première partie du dossier sur le transport.

L’importance du dédoublement de l’autoroute 55 est l’une des priorités des élus de la région.

« Une voie de chaque côté, c’est manifestement plus difficile pour la cohabitation des motos, des voitures, mais surtout du transport lourd. Donc, je pense qu’en doublant, on va sécuriser cette portion-là », a soutenu la mairesse de Nicolet et préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska, Geneviève Dubois.

Plusieurs des municipalités qu’elle représente longent cette autoroute.

Du côté de la MRC de Bécancour, le préfet, Mario Lyonnais, croit lui aussi que le doublement de l’autoroute « va être la bienvenue », citant les manœuvres dangereuses de certains automobilistes.

Le maire de Bécancour, Pascal Blondin, lui, a rappelé le débit élevé sur la grande artère.

« On sait que c’est une autoroute qui est très achalandée. On a vu des statistiques dernièrement. Là, on parle en moyenne de près de 50 000 voitures qui passent sur le pont Laviolette quotidiennement. Plusieurs de ces voitures-là poursuivent jusqu’à l’autoroute 20. Puis, on le voit dans la section qui touche la ville de Bécancour, qui n’est pas doublée. Ce sont des sections qui sont plus dangereuses, où il y a un historique important d’accidents ».

Des routes très occupées

Selon les statistiques du gouvernement québécois, le débit journalier annuel moyen sur le pont Laviolette a été d’environ 47 000 en 2025.

Au sud du pont, l’achalandage varie grandement selon le tronçon étudié. Le plus haut débit, de 30 000 déplacements par jour, est observé immédiatement au sud de l’échangeur des Acadiens. Le tronçon sud de l’autoroute, entre le 9e rang à Saint-Wenceslas et l’autoroute 20, a enregistré quant à lui environ 11 100 déplacements en 2025.

D’après la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), il y a eu 365 collisions de 2021 à 2025 sur l’autoroute 55 entre Bécancour et Sainte-Eulalie. Huit d’entre elles ont été mortelles.

Par ailleurs, le nombre de collisions a augmenté chaque année, passant de 55 en 2021 à 87 en 2025.

La nouvelle la plus récente concernant le dédoublement de l’autoroute a été la conférence de presse de Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour, le 13 juillet.

Puis, peu de temps après, M. Martel a annoncé le lancement d’un appel d’offres pour le lot D du projet.

Cette phase correspondait à l’aménagement de quatre voies au lieu de deux sur une longueur de 5 km, ainsi que la construction d’un pont d’étagement, à la hauteur de la route 226 à Saint-Célestin.

M. Martel avait parlé d’un achèvement des travaux du lot D à la fin de l’année 2028.

À terme, ce sont 27 kilomètres de chaussée qui seront élargies, de Bécancour jusqu’à Sainte-Eulalie. Jusqu’ici, un peu moins de 7 km ont été complétés près de cette dernière municipalité. Ils ont été mis en service en décembre 2025.

La porte-parole régionale pour la Mauricie et le Centre-du-Québec pour le ministère des transports et de la mobilité durable (MTMD), Roxanne Pellerin, a précisé que la fin des travaux est plutôt prévue pour 2029.

Quant au reste de l’autoroute, elle a affirmé que le ministère préférait ne pas s’avancer concernant un échéancier.

Selon le site Web du gouvernement, les autres phases du projet sont encore au stade de la conception. Un investissement total de 340 M$ est prévu pour le doublement de l’autoroute 55.

Des enjeux de sécurité persistent sur l’autoroute 30

M. Blondin a mentionné que la Ville de Bécancour était en discussion avec le MTMD pour trouver des solutions à des enjeux de sécurité qui subsistent sur l’autoroute 30 malgré un achalandage moins important depuis le ralentissement de la filière batterie.

Ils auraient notamment échangé sur la possibilité de construire, à « moyen-long terme », un échangeur et un pont d’étagement quelque part sur l’autoroute à la hauteur du Plateau-Laval.

Outre la conduite téméraire de certains usagers, les intersections ne sont pas sécuritaires, selon lui.

« Je pense aux gens qui arrivent de la rue des Jasmins, qui sont sur des Glaïeuls, qui sont sur Danube. Quand on veut emprunter l’autoroute 30, ce n’est pas toujours facile sur les heures de pointe parce qu’il y a moins de circulation, mais il y en a quand même pas mal. »

D’après les statistiques de la SAAQ, il y a eu 209 collisions de 2021 à 2025 sur l’autoroute 30 à Bécancour.

Cinq d’entre elles ont été mortelles.

Le nombre de collisions est resté stable, demeurant à une quarantaine par année.

Mme Pellerin a toutefois rappelé que l’autoroute 30 fait actuellement l’objet d’une étude d’opportunité qui arrive bientôt au stade de l’étude des solutions. C’est-à-dire que le MTMD considère qu’« il est trop tôt pour s’avancer sur les solutions qui vont être retenues ».

La porte-parole du ministère n’a donc pas pu confirmer qu’un pont d’étagement et un échangeur seraient bel et bien construits à l’endroit nommé par M. Blondin.

Puisque le ministère considère que la circulation sur l’artère « va généralement très bien » en dehors des heures de pointe, il « a pris la décision d’orienter l’étude des solutions uniquement sur l’aspect sécurité », a expliqué Mme Pellerin.

Cela veut dire que le MTMD n’étudiait pas, pour le moment, des manières d’améliorer la fluidité de la circulation.

Mme Pellerin a ajouté que le cadre budgétaire actuel fait en sorte que le ministère « accorde la priorité aux infrastructures existantes » et au maintien des actifs.

Pour ces deux raisons, la possibilité de doubler les voies sur l’autoroute 30 a donc été écartée.

Mme Pellerin n’a pas été en mesure de fournir un échéancier pour la réalisation de l’étude des solutions.

Une majorité de citoyens interviewés ne sont pas inquiets

VIA 90.5 a parlé à une douzaine de résidents des MRC de Bécancour et de Nicolet-Yamaska afin de prendre le pouls de la population quant aux enjeux de sécurité sur les autoroutes 30 et 55.

Plusieurs personnes ont dit ne pas considérer ces artères dangereuses. C’était notamment le cas de Ludovic Catoire et de Daniel Lavigne.

Luc Grand Maison, lui, a dit que les deux voies sur l’autoroute 55 ne le dérangeaient pas, mais a admis que si elle était doublée, ça serait parfait.

« Mais ça va aller à quelle année avant que ça soit tout fini ? », a-t-il lancé à la blague.

M. Grand Maison s’est aussi plaint du trafic à l’heure de pointe sur l’autoroute 30.

Maxim Collins a quant à elle qualifié la conduite sur les deux axes autoroutiers d’atroce.

« Il faut que ça soit dédoublé », a renchérit Yannick Doucet-Houle.

Rose Gadbois est elle aussi contente du projet d’élargissement de cette artère.

« Moi, c’est vraiment l’autoroute 55, en s’en allant vers St-Léonard-d’Aston, quand ça se croise, ça c’est un peu plus dangereux. Tu ne sais jamais avec qui tu pourrais faire un face-à-face ».

Encore des travaux à venir sur le pont Laviolette

Mme Pellerin du MTMD a fait savoir que des interventions auront lieu prochainement sur le pont Laviolette et devraient débuter à l’automne.

Entre autres, le ministère procèdera à des travaux électriques et remplacera le système d’éclairage du pont. D’autres éléments seront remplacés, dont des feux de voie. Deux caméras y seront aussi installées.

« Plusieurs de ces interventions ne nécessiteront pas d’entrave. Pour les autres, les travaux seront entièrement réalisés de soir et de nuit, avec la mise en place de contresens ou des fermetures d’une voie sur deux », a-t-elle précisé.

La porte-parole a indiqué qu’il n’y aura toutefois pas de « travaux intensifs » sur le pont Laviolette d’ici la fin de l’année.

Mme Pellerin a ajouté que « l’asphaltage de l’autoroute 55 entre le pont Laviolette et la sortie [Jean-XXIII] à Trois-Rivières peut parfois entrainer la fermeture d’une voie sur la structure ». Ce chantier est réalisé de nuit et devrait prendre fin en octobre.

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Un texte de Jasper Bleho-Levacher – Initiative de journalisme local, VIA 90.5 FM