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Saint-Léonard-d’Aston | Une étudiante en situation de handicap en bataille judiciaire contre l’Université de Montréal pour devenir vétérinaire

Saint-Léonard-d’Aston | Une étudiante en situation de handicap en bataille judiciaire contre l’Université de Montréal pour devenir vétérinaire

14 mars 2026 à 6:32

Une étudiante en situation de handicap de la région a dû se tourner vers la Cour supérieure pour avoir gain de cause, en partie, contre l’Université de Montréal (UDM) pour que celle-ci l’accommode pendant ses études.

Une universitaire de Saint-Léonard-d’Aston est inscrite au programme de doctorat en médecine vétérinaire.

Depuis des années, elle fait la navette entre la maison de ses parents dans la région et sa résidence près de la faculté qui est à Saint-Hyacinthe.

Selon le document judiciaire, dont VIA 90.5 FM a obtenu copie, sa situation de handicap « résulte de plusieurs accidents de la route […] dont elle conserve certaines limitations fonctionnelles »

« En raison de la présence de douleurs chroniques […] elle ne présente pas l’endurance pour suivre ce programme à temps plein et ne peut demeurer debout ou assise pendant toute la durée requise pour les cours, les laboratoires et les stages », peut-on lire dans le jugement de la Cour supérieure du 27 janvier dernier.

Après avoir interrompu ses études en 2023, elle a voulu les reprendre pour la session d’hiver 2026.

Toutefois, voyant que l’UDM ne semblait pas enclin à accepter ses demandes pour réussir son retour sur les bancs d’école, la Léonardoise a institué « une action en injonction permanente et en dommages contre l’université » à l’automne dernier.

Une première demande acceptée

Parmi ses demandes, l’étudiante demandait d’effectuer ses troisexamens finaux à son domicile, puisque sa condition rend sa présence en classe difficile.

De son côté, l’UDM s’y opposait malgré qu’elle avait pourtant déjà reconnu sa situation de handicap.

« Il est ‘‘indéniable’’ qu’elle a le droit de bénéficier de certaines mesures d’accompagnement en raison de sa condition », est-il écrit dans le document de la cour.

De surcroît, l’universitaire avait deux billets de médecins qui prouvaient ses difficultés d’être en classe.

Sur le premier billet, celui de mars 2023, le médecin a indiquéqu’elle « a d’importantes difficultés à se déplacer en raison des séquelles douloureuses chroniques reliées à son accident ».

Dans le billet d’août 2024, la docteur a écrit qu’elle « doit éviter les déplacements […] et que si cette patiente se déplace, à l’arrivée à l’université, elle sera déjà en douleurs, ce qui rajoute au fait qu’être à l’ordinateur de façon stationnaire augmente encore plus la douleur ».

Malgré tous ces problèmes, l’université ne voulait toujours pas accommoder la Léonardoise alors que pourtant, « pendant la pandémie, l’ensemble des étudiants du programme de médecine vétérinaire ont suivi leurs cours et effectué leurs examens à distance en ligne ».

Aussi, l’université a soutenu que « si l’universitaire effectue ses examens en ligne, il lui est impossible de la surveiller adéquatement pour éviter le plagiat ».

Or, étonnamment, il est aussi écrit dans le jugement que « l’université n’allègue toutefois aucun fait de nature à soulever une crainte qu’elle s’adonne effectivement à du plagiat ».

Parmi ses autres arguments pour ne pas accepter que l’étudiante effectue ses examens à distance, l’université a indiqué que « ça compromettait grandement la crédibilité et la valeur du diplôme et, plus généralement, sa réputation comme institution d’enseignement universitaire ».

Des raisons que la Cour supérieure a toutefois rejetées en affirmant que « cette prétention est insuffisante pour faire pencher la balance en faveur de l’université ».

« À la lumière de ce qui précède, il y a lieu de conclure [des] préjudices qu’elle subirait si elle devait se déplacer à la faculté pour y effectuer ses examens écrits en présentiel », poursuit-on dans le document judiciaire.

La Cour supérieure a donc ordonné à l’UDM de lui permettre d’effectuer ses trois examens écrits de la session d’hiver 2026 à distance.

L’étudiante devra toutefois devra être « ouverte à ce qu’un surveillant de l’UDM soit présent à sa résidence lorsqu’elle effectuera ses examens à distance ».

Pas beaucoup de repos entre ses examens

Parmi ses autres demandes, l’universitaire voulait effectuer ses évaluations, qui se donnaient en classe, en bénéficiant d’un minimum de deux semaines de repos entre chacune d’elles.

Toutefois, selon le document de la cour, elle a échoué « à démontrer qu’il est nécessaire que les examens […] aient lieu aux dates qu’elle a choisies pour empêcher un préjudice sérieux ou irréparable ne lui soit causé ».

La Cour supérieure a plutôt opté pour donner raison à l’UDM sur ce point.

« En effet, les dates choisies par l’étudiante font totalement abstraction des multiples contraintes avec lesquelles doit composer l’université. Parmi celles-ci, la disponibilité des professeurs pour préparer des examens destinés à l’étudiante et pour corriger ».

Un texte d’Alex Drouin – Initiative de journalisme local, VIA 90.5 FM