On lui reconnaît finalement une maladie professionnelle… après une année et demie d’attente
On lui reconnaît finalement une maladie professionnelle… après une année et demie d’attente
Dans un des rares cas au Québec, un sexagénaire de la Municipalité de Saint-Célestin a réussi à voir une décision de la CNESST être renversée confirmant qu’il souffrait d’une maladie professionnelle.
Il a fallu près d’une année et demie d’attente et de nombreux papiers remplis pour que Jean-Marc Leclerc reçoive le verdict du Tribunal administratif du travail qui infirmait la décision du 7 août 2024.
Cette journée-là , la CNESST avait refusé de reconnaître qu’il avait développé une certaine forme de surdité en lien avec l’emploi qu’il occupe ainsi que deux autres dans le passé.
Or, le 9 janvier dernier, le Tribunal administratif du travail a déclaré que l’homme de 64 ans a « contracté une maladie professionnelle, dont le diagnostic est une hypoacousie neurosensorielle bilatérale » et qu’il « a droit aux prestations prévues par la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles ».
VIA 90.5 FM a obtenue une copie de la décision.
Joint par téléphone, M. Leclerc a soupiré qu’il « était content d’être allé jusqu’au bout » de toutes les longues démarches judiciaires.
Bûcheron et inspecteur municipal
Jean-Marc Leclerc a commencé à être exposé au fort bruit dès 1985 alors qu’il était à l’emploi saisonnier de bûcheron pour le Groupement forestier de Nicolet-Yamaska jusqu’en 2001.
Selon le document de la cour, il « utilisait sa scie à chaîne presque toute la journée » et « il portait des coquilles antibruit, dont la performance n’était pas optimale en raison de leur défaut d’entretien ».
Puis, en 1991, il a commencé à travailler à temps partiel commeinspecteur municipal pour la Municipalité de Saint-Célestin.
Un emploi qu’il occupe encore aujourd’hui.
« Il est exposé, pendant cinq ou six heures par semaine à un environnement bruyant généré par le fonctionnement de diverses machineries, des scies à chaîne, des souffleurs à feuilles et des scies à béton ».
Le sexagénaire a précisé que cet emploi « est celui pour lequel l’exposition au bruit était le moins sévère parmi tous ceux qu’il a exercés », poursuit-on dans le document juridique.
En parallèle à son emploi d’inspecteur municipal, M. Leclerc a travaillé pour la compagnie Matelas René de 2002 à 2009.
À cet endroit, il travaillait près de deux machineries bruyantes.
Des employeurs pointés du doigt
Depuis maintenant 25 ans que Jean-Marc Leclerc a des problèmes d’audition. Ce dernier a vu ses premiers symptômes apparaître au début de l’année 2000.
Aujourd’hui, il lui est difficile d’entretenir une conversation s’il y a du bruit autour et un appel téléphonique demande une forte concentration.
Dans sa décision rendue au début de l’année, le Tribunal administratif du travail a dénoncé les lacunes importantes deGroupement forestier de Nicolet-Yamaska, de la Municipalité de Saint-Célestin et de Matelas René.
« Par ailleurs, chez les différents employeurs, les protections auditives étaient soit absentes ou présentaient un défaut d’entretien ».
Un texte d’Alex Drouin – Initiative de journalisme local, VIA 90.5 FM