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ABI : l’offre patronale rejetée à 82%

11 mars 2019


Les employés en lock-out de l’Aluminerie de Bécancour ont rejeté à 82 % la proposition patronale déposée une semaine plus tôt. Le conflit de travail qui dure depuis 14 mois va donc s’étirer encore.

Le résultat a été annoncé mardi à l’issue d’une longue assemblée générale qui a réuni 829 travailleurs sur une possibilité de 926.

L’offre patronale couvrait les trois conventions collectives de l’usine et comprenait un protocole de retour au travail qui n’a jamais fait l’objet de discussions entre la direction d’ABI et les représentants syndicaux.  Le contrat de travail proposé n’était pas non plus le résultat de négociations, puisque l’employeur avait suspendu les pourparlers à la mi-février.

Malgré des hausses salariales moyennes de 2,55 %, le syndicat a jugé que l’offre patronale contenait trop de reculs par rapport à celle que les syndiqués avaient rejetée en janvier 2018, et qui avait conduit au lock-out. Le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse, signale que plusieurs points en litige se sont ajoutés aux deux points d’achoppement de l’offre précédente qui avait alors été rejetée à 80 %. L’organisation, les horaires de travail, la sous-traitance, les coupures de postes, le régime de retraite sont quelques enjeux énumérés par M. Masse. L’exécutif syndical a donc recommandé ce nouveau rejet. « C’est un mépris des travailleurs d’arriver encore avec une entente qui n’est pas négociée et que l’employeur tente d’imposer », déplore-t-il.

Un autre irritant pour les syndiqués était le protocole de retour au travail. Il semble que le retour progressif proposé s’échelonnait sur 10 mois, plaçant plusieurs travailleurs en situation de précarité pendant une longue période.

Le syndicat souhaite en arriver à une entente négociée et ne craint pas une fermeture de l’usine.

Le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, reste convaincu que l’usine de Bécancour est l’une des plus productives en Amérique du Nord. « On l’appelle la « Formule Un » des alumineries en Amérique », dit-il, grâce à ses coûts de main-d’œuvre.

Il est par ailleurs revenu à la charge avec ce qu’il qualifie de largesse d’Hydro-Québec envers Alcoa, qui, depuis le début du conflit, n’a pas eu à payer pour le bloc d’électricité qui lui était réservé. Alain Croteau réclame une rencontre avec le premier ministre François Legault afin qu’il mette à ce déséquilibre du rapport de force, à la faveur de l’employeur, en « cassant le contrat » liant Alcoa à la société d’État.

« Supposons que le gouvernement nous aurait donné 165 M$ pour faire le conflit qu’on a en ce moment, ça n’aurait pas de bon sens. Bien ça n’a pas plus de bon sens de donner 165 M$ à une multinationale qui met 1000 personnes et une région à pied », dénonce M. Croteau.


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